Je savais dès le départ qu’un tel magazine me demanderait beaucoup de travail. A commencer par le visionnage d’une cinquantaine d’années d’archives INA sur la question. Car impossible d’appeler les différents interlocuteurs avant d’être moi même au point.
En mai 2021, le thème de l’émission enquête de régions Nouvelle-Aquitaine était « que cache notre sous-sol». Il aurait été difficile de ne pas parler du passif minier lié à l’extraction de l’uranium en Limousin.
Vu La richesse du dossier, il a fallu choisir les thèmes à aborder. Je pensais que celui de la santé était incontournable. J’ai d’ailleurs trouvé un interlocuteur au CHU de Limoges : un médecin capable d’établir un rapport de cause à effet entre l’extraction de l’uranium et la redondance de certains cancers en Haute-Vienne. Mais il a été plus compliqué de trouver des témoins directement concernés.
Alors je me suis concentré véritablement sur le sous-sol, avec trois interlocuteurs clef : la société minière Orano (ex Areva), un ingénieur en physique nucléaire indépendant de la CRIIRAD, et un juriste de source et rivière du Limousin. Le magazine se divise en deux thèmes distincts : comment les résidus radioactifs issus du traitement du minerai sont-ils stockés et comment les roches faiblement radioactives (stériles) sont-elles gérées ?
Il a aussi été question de parler de l’épineux sujet de l’eau potable de Limoges qui serait polluée par des éléments radioactifs qui se déverseraient dans la retenue d’eau de la Crouzille. Mais comme je l’indiquais au début, le sujet de la radioactivité en Limousin est vaste et il a fallu faire des choix. On ne m’a accordé que 12 minutes 30 de magazine. L’eau potable a donc fait l’objet d’un reportage à part entière qui a été diffusé dans le JT de 19h.
Le magazine, tourné avec André Abalo et Jean Claude Dyvrande, a été diffusé le 12 mai 2021. Le tournage a permis à Sources et rivières du Limousin et la CRIIRAD de travailler à nouveau sur le sujet de l’après mines en Limousin. Ce qui n’avait plus été fait depuis plusieurs années. Les 2 associations se sont rendues compte que l’eau qui sort de l’ancienne carrière d’uranium de Bellezane est toujours polluée. Bruno Chareyron, l’ingénieur en physique nucléaire indépendant, a même découvert que des résidus extrêmement radioactifs n’avaient pas été déplacés d’un chemin public depuis plus de 20 ans.
Toute cette grande enquête sur la radioactivité a aussi été déclinée en quatre articles pour le web. Dans ces derniers, j’ai pu faire apparaître des détails qui sont compliqués à donner dans les reportages tout en restant clair :
