Le 10 juin 2017, Emmanuel Macron était à Oradour-Sur-Glane pour commémorer le 73ème anniversaire du massacre. Le public a vu les images émouvantes d’un président accompagné du dernier survivant et de 500 enfants venus de la France entière. Il souhaite mettre le devoir de mémoire et sa transmission au centre de son quinquennat, à un moment où les extrémistes les plus radicaux font la une de l’actualité partout dans le monde.
Liberté de la presse
Mais celui qui a défendu la liberté de la presse tout au long de la campagne présidentielle a totalement verrouillé, blindé sa communication afin que les journalistes ne posent plus de questions gênantes et ne polluent pas le message qu’il souhaite faire passer aux français.
Ainsi dès notre arrivée à Oradour-Sur-Glane, une attachée de presse a posé le décor :
« Je vous escorte dans le village martyr avant que le président n’arrive sur place. A partir de 9h40, vous êtes bloqués près de l’endroit où seront prononcés les discours. Dès que la cérémonie débute, vous ne pouvez plus utiliser les caméras. Vous avez aussi la possibilité de rester en salle de presse, en dehors du dispositif pour assister à la commémoration à la télévision ».
Nous avions donc 2 options : rester à l’extérieur ou entrer et ne pas être autorisé à travailler. Ce qui pose tout de même un sérieux problème de liberté.
Une stature de président
Plus question dans ces conditions de tendre un micro au chef de l’état qui devient inaccessible et refuse toute conférence de presse comme le faisait François Hollande.
Certes, il n’aurait pas été déontologiquement acceptable de poser des questions polémiques en pleine cérémonie, mais à n’en pas douter certains confrères auraient souhaité évoquer l’affaire Bayrou. Le garde des sceaux a appelé France Inter pour exercer des pressions sur le chef du service investigation après une enquête sur le Modem.
En contrôlant la presse, Emmanuel Macron endosse l’habit de président au dessus de la mêlée et tentant d’élever le débat ce qui en tant que citoyen, ne me déplait pas. D’autant qu’il reste proche des français et profite de sa popularité lors des bains de foule.
Mais a-t-il trouvé le bon équilibre entre contrôle et liberté ?
